Photo: page Facebook de on SEXplique ça

Parler sex avec « on SEXplique ça »

novembre 17, 2016 , In: Explorer & Découvrir, Uncategorized
1

Parler de sexualité, ça vend, ça intrigue, ça choque, mais c’est surtout nécessaire. Lorsque j’ai rencontré Isabelle Arcoite et Émilie Veilleux, j’ai tout de suite compris qu’entre ces deux jeunes femmes il y avait un but commun, celui de se démarquer dans le milieu de la sexologie et de faire honneur à leur profession. Autour de boissons chaudes, on a jasé sexe, éducation, actualité et réalisation, alors que je voulais en apprendre plus sur leur plateforme d’éducation sexuelle pour les jeunes et les moins jeunes, qu’elles ont brillamment nommé on SEXplique ça.

L’année dernière, lors d’une soirée réseautage, les deux étudiantes au baccalauréat en sexologie de l’UQAM ont compris qu’elles avaient toutes deux de grandes ambitions concernant l’avenir de l’éducation sexuelle au Québec. Pourquoi pas des vidéos? C’est ce qu’elles avaient à l’esprit. Mais pour débuter un projet d’une telle ampleur, il fallait s’associer à la bonne personne, et surtout travailler très fort pour faire en sorte que le tout se réalise. Au mois d’août dernier, elles ont lancé site web, page Facebook, comptes Twitter et Instagram, et ont mobilisé tout un arsenal de réseaux pour rejoindre les jeunes là où ils se trouvent, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux. Leur chaîne YouTube est d’ailleurs leur première visée : «la sexualité est encore tellement taboue, et c’est tellement difficile de l’aborder avec sérieux en personne, alors que par réseaux sociaux, c’est bien plus accessible» ajoute Isabelle. Pour une génération qui est très familière avec le contact numérique, et peut-être moins à l’aise avec le contact humain, la formule fonctionne à merveille.

À l’ère du numérique, c’est tout le modèle de nos relations interpersonnelles qui a été chamboulé. «C’est tellement plus facile de trouver des gens qui souhaitent faire des rencontres, de communiquer avec l’autre, de sorte qu’on ne sait même plus comment décrire notre relation avec l’autre.» Ces questions concernent autant les adolescents qui commencent à développer des relations amoureuses que les adultes ayant un bagage affectif derrière eux. Et les sexologues, bien qu’on connaisse encore peu ce métier, travaillent dans une foule de domaines de la vie de l’individu et de la collectivité, offrant des services à une clientèle extrêmement large et travaillant de pair avec d’autres professionnels.

Je leur ai d’ailleurs demandé dans quel contexte il serait opportun de consulter un tel spécialiste, et avec enthousiasme elles m’ont répondu : «Tout le temps! C’est sûr qu’on prêche pour notre paroisse, ajoute Émilie, mais c’est un domaine qui touche plein de sphères de la vie.» Comme quoi il s’agit en fait d’une discipline bien plus large qu’on le croit, qui s’intéresse à bien plus qu’aux rapports physiques que peut engendrer la sexualité.

Avec des capsules dynamiques, courtes et très éducatives, les deux filles derrière on SEXplique ça espère mettre à la disposition de la population du contenu sexo-éducatif composé d’informations vérifiées et actuelles. Après quelques moments de réflexion, Isabelle n’hésite pas à dire que ce dont les jeunes ont de plus besoin en matière de sexologie, c’est de vérité : «On voit partout des #relationshipgoals, des corps de rêves, du plastique, du fake, de la porno qui est une industrie qui n’est pas vraie, de l’apparence, et c’est ce que les jeunes et les moins jeunes idéalisent.» À travers tout le contenu qu’on retrouve sur le Net, il est effectivement ardu de retrouver une information valable en matière de sexualité, car les facteurs d’influence sur notre perception des relations intimes sont nombreux : la culture, le sexe, le contexte social ou familial, l’âge, l’expérience, l’éducation… La liste est longue pour brouiller les pistes d’une éducation sexuelle saine, et il faut admettre que les sexologues sont sans aucun doute les mieux placé.e.s pour fournir un topo objectif et ouvert face à des notions relationnelles ou sexologiques.

Pour les années à venir, Émilie et Isabelle ont bien l’intention de poursuivre dans la voie de la légitimation des sexologues. Faire sa place, c’est le défi qui attend les étudiants en sexologie en 2016, car beaucoup d’autres disciplines des sciences humaines sont déjà reconnues et on un espace alloué dans l’écosystème social. Pour les sexologues, le travail est encore à faire. «Quand on sait que les psychologues ont un ordre professionnel depuis 50 ans, et que le nôtre date seulement de quelques années. On commence tranquillement à reconnaitre notre expertise. Les étudiants en sexo travaillent fort pour démontrer la pertinence de notre travail, le sérieux de nos démarches et la crédibilité de notre profession» déclare Émilie.

Pour en apprendre plus sur divers sujets reliés de près ou de loin avec la sexualité, consulte la page Facebook de on SEXplique ça. Pour toute question, n’hésite pas à leur écrire!

Roseline Mathieu

Fervente adepte de son compte Instagram et maître dans l’art de piner sur Pinterest, ses trouvailles sur les réseaux sociaux sortent des sentiers battus. Esprit libre, angoissée et fière, elle se perd dans les méandres de la culture entre une crise de nostalgie chronique et un café latté. Elle aime les mots, les projets audacieux et les chansons des années 70.
Il n'y a pas encore de commentaires.

Laissez un commentaire

three + 10 =